
La Réunion
Source : INSERM CépiDc [23] Unité : nombre de séjours pour 1 000 habitants Exploitation ORS
Affection de Longue Durée (ALD) : Voir fiche « Affections de Longue Durée » (2004) sur
www.orsrun.net. Antidiabétiques oraux : le diabète de type 2 se traite par antidiabétiques oraux et parfois
associés à de l’insuline injectable. Les diabétiques de type 1 ne sont traités que par
insuline injectable.
Décès ayant pour cause principale le diabète : code CIM 10 E10-E14.
Diagnostic principal d’hospitalisation :
Les données reposent sur l’exploitation du diagnostic principal, défini à la fin du séjour
comme étant celui qui a mobilisé l’essentiel de l’effort médical et soignant. Au cours d’un
même séjour, plusieurs problèmes de santé ont pu faire l’objet d’une prise en charge, mais
cet indicateur ne prend en compte que le diagnostic principal. Ces diagnostics sont codés
avec la Classification internationale des maladies de l’Organisation mondiale de la santé
dans sa dixième révision (CIM10), qui comporte 21 chapitres.
Voir fiche « Diagnostics d’hospitalisation » (2005) sur www.orsrun.net.
Prévalence : nombre total de cas dans une population à un moment donné.
Taux comparatif ou standardisé direct (sur l’âge) : taux permettant de comparer la
situation de 2 territoires ou de 2 périodes en éliminant les effets liés aux différences de
structure par âge. C’est le taux que l’on observerait dans la région ou le département si
elle avait la même structure par âge que la population de référence (population de France
métropolitaine au recensement de 1990 généralement).
Observatoire Régional de La Santé de La Réunion Novembre 2007
12 rue Colbert – 97 400 Saint-Denis – 0262 94 38 13 – http:/www.orsrun.net
DIABETE A LA REUNION
ZOOM SUR LES COMPLICATIONS DU DIABETE
Les complications du diabète sont fréquentes et graves. Elles peuvent toucher
notamment les micro vaisseaux des nerfs périphériques. Ces dernières prédisposent aux
plaies du pied, qui conduisent parfois à l’amputation.
Selon les chiffres présentés par la DREES dans le cadre du suivi des indicateurs de la loi
de Santé Publique [15,16], La Réunion se place parmi les régions les plus à risques en
termes d’hospitalisations pour plaies du pied. Ainsi, par rapport à la moyenne nationale, le
taux standardisé d’hospitalisation pour plaie du pied était presque 7 fois supérieurs dans
l’île en 2003 (175 pour 100 000 habitants).
Par ailleurs, une étude prospective sur les amputations des membres inférieurs chez les
diabétiques à La Réunion, en 2001 (24], avait permis de mettre en évidence une forte
incidence des amputations dans notre région : sur un an, près de 280 amputations ont été
réalisées sur 179 patients diabétiques.
La surveillance des patients diabétiques s’avère nécessaire et importante pour limiter les
complications du diabète. D’ailleurs, la Haute Autorité de Santé (HAS, ex-ANAES) a établi
des recommandations de bonnes pratiques cliniques concernant le suivi des patients
diabétiques et le dépistage des complications du diabète
Les recommandations de bonnes pratiques cliniques incluent le dosage de
l’hémoglobine glyquée (HbA1c) au moins trois fois dans l’année en tant que témoin du
contrôle glycémique sur les 4 derniers mois, et la réalisation annuelle d’un bilan lipidique à
jeun.
La HAS recommande également le dépistage précoce des complications du diabète : en particulier ophtalmologiques, cardiaques, podologiques et rénales, par la réalisation
annuelle d’un examen du fond de l’œil, d’un électrocardiogramme de repos, d’un examen
du pied et d’un dosage de la créatininémie, et de la recherche d’albumine dans les urines.
Taux standardisé d’hospitalisation en soins de courte
durée (MCO) de personnes diabétiques présentant des
plaies du pied
France, données régionales*, 2003
Source : Base nationale PMSI MCO 2003, INSEE, exploitation DREES [ 15, 16]
* Données selon la région de résidence
ZOOM SUR LES COUTS LIES AU DIABETE
Dans son dernier numéro de « Infos Réunion – Etudes et statistiques » (n°4,
octobre 2007), la DRASS synthétise différentes données afin d’analyser les coûts liés aux
maladies endocriniennes et plus particulièrement ceux liés au diabète. Ces coûts, qu’ils
soient immatériels, humains ou financiers sont très élevés pour notre région. Outre les
données de prévalence, de morbidité et de mortalité qui sont particulièrement fortes à La
Réunion, le document présente :
- l’impact des maladies endocriniennes sur la survenue de déficiences, d’incapacités ;
elles apparaissent comme un facteur aggravant les incapacités ;
- l’impact du diabète, ou complications, sur la survenue de handicaps ou d’incapacités :
4 diabétiques sur 10 ont au moins une limitation fonctionnelle ;
- l’impact financier dû au diabète ou à ses complications : un coût total de 5 451 € par
diabétique. Par ailleurs, l’étude mené par l’INSERM a permis de mettre en évidence des
comportements de soins paradoxaux des diabétiques : une sous consommation de soins
(24% des personnes interrogées n’ont vu aucun spécialiste en 2005, ce qui va à l’encontre
des recommandations établies par l’HAS) est opposée à une sur-consommation de soins
ambulatoires avec peu de patients insulino-traités autonomes.
Au niveau national, une étude de l’Assurance Maladie présente une analyse sur les coûts
liés aux trente affections de longue durée entre novembre 2003 et octobre 2004 [9]. Cette
étude a permis de calculer le remboursement annuel moyen par personne en ALD selon la
pathologie. Pour les patients admis en ALD pour diabète (ALD 8), le remboursement annuel
est de l’ordre de 5 900€.
Le coût annuel moyen des personnes en ALD pour diabète n’a pas beaucoup évolué entre
1994 et 2004. En revanche, la croissance annuelle moyenne du nombre de personnes en
ALD pour diabète a eu un impact sur l’augmentation des dépenses liées aux ALD.
Répartition du coût financier lié au diabète selon le type de dépense
Source : DRASS (Enquête* du CIC-EC, INSERM)
* Enquête réalisé auprès d’un échantillon de patients hospitalisés dans le service de
diabétologie du GHSR, du 28 avril au 4 août 2006, identifiés comme diabétiques de type 2
depuis au moins un an. Les patients ont été interrogés sur leurs consommations de soins
durant l’année 2005.
ZOOM SUR LES PERCEPTIONS DE SANTE DES PATIENTS DIABETIQUES Une étude régionale [25] a permis d’explorer les perceptions des patients diabétiques de type 2 à La Réunion. Cette étude a été ré alisée à partir de 2
sources de données : 331 questionnaires soumis aux patients diabétiques connus de l’étude REDIA et 40 entretiens semi directifs auprès de patients diabétiques
hospitalisés. Les résultats suivants ont pu être mis en évidence :
- l’excès de sucre, l’hérédité et le stress ou événements de vie sont les causes les plus fréquemment rapportées pour expliquer la survenue du diabète ; en
revanche, le surpoids et l’inactivité physique ne sont pratiquement pas mis en cause.
le diabète est perçu comme une maladie menaçante avec risque de coma ou de mort mais sa nature chronique n’est pas mise en avant. D’ailleurs, les
complications du diabète sont mal comprises ;
le rôle des lipides est largement sous-estimé ; par ailleurs, les recommandations médicales sont prises en compte tardivement.
Les résultats montrent le décalage persistant entre les connaissances médicales et les perceptions des patients, ainsi que les difficultés liées à la compréhension et
à l’intégration des ressources thérapeutiques.
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DIABETE A LA REUNION.
Repères bibliographiques et sources
[1] La santé observée dans les Pays de La Loire, Tableau de bord
régional sur la santé
Observatoire Régional de la Santé des Pays de La Loire, 2ème édition, juin
2007, 222p.
[2] Traitement médicamenteux du diabète de type 2 (Actualisation).
Recommandations.
HAS, AFSSAPS, 2006, 45p.
[3] Diabète.
Dans Elaboration de la loi d’orientation de Santé Publique : rapport du Groupe
technique national de définition des objectifs.
DGS, INSERM, Ministère de la Santé, de la Famille et des personnes
handicapées, 2003, 8p.
[4] Diabète traité : quelles évolutions entre 2000 et 2005 ? |